Les transporteurs aériens français dénoncent l'inflation des charges aéroportuaires
Mercredi, 30 Octobre 2013 17:46

adpLes compagnies aériennes françaises ne veulent plus supporter le train de vie des aéroports et en particulier celui d'Aéroports de Paris dont les redevances ont fait un bond de 15% en quatre ans. La FNAM, le SCARA et même le ministre des transports tirent le signal d'alarme.

Le mois prochain se réunira une commission consultative chargée de se pencher sur la partie régulée des tarifs aéroportuaires. Un sujet désormais très sensible dans la mesure où il joue un rôle d'importance croissante dans le manque de compétitivité du transport aérien français. Un premier cri d'alarme a été lancé par le Scara, Syndicat des compagnies aériennes autonomes, relayé par la Fnam, Fédération nationale de l'aviation marchande. Dans un cas comme dans l'autre, le ton est dominé par l'inquiétude. Et, une fois n'est pas coutume, dans ce contexte de grande nervosité, l'occasion est donnée de citer le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, qui demande « de rééquilibrer la richesse que génère et transport aérien et qui va plus aux aéroports qu'aux compagnies aériennes ». Vaste débat, dont on peut s'étonner qu'il n'ait pas pris corps plus tôt.

Aéroports de Paris abuserait-il de sa position de quasi monopole ?

Air France, mais aussi l'ensemble des onze compagnies membres de la Fnam, souffrent d'un manque de compétitivité qui échappe à leur contrôle. Ainsi, toutes autres considérations mises en part, en 4 ans, les redevances imposées aux clients d'Aéroports de Paris ont fait un bond en avant de 15 % (pour friser le milliard d'euros) alors que le trafic a progressé de 7,5 % seulement. Cette détérioration, mise en exergue au moment-même où la France tout entière dénonce un véritable ras le bol fiscal, est d'autant plus criante que, dans le même temps, la recette moyenne par passager aurait reculé de 10 % environ en 4 ans, l'inflation cumulée ayant été dans le même temps de 5 % environ. Elargissant le débat, dans le cadre de propositions visant à promouvoir les ailes commerciales françaises, la Fnam propose de « baisser significativement le poids des taxes sur l'entreprise et le client, notamment la taxe afférent aux coûts de sûreté et sécurité, afin de se rapprocher des bonnes pratiques européennes en la matière ». D'autant qu'au-delà des grands classiques – si l'on ose dire – les compagnies françaises, sur leur marché national, doivent aussi supporter ce qu'il est convenu d'appeler la taxe Chirac, laquelle coûte à Air France seule 65 millions d'euros par an, pas loin de 10 % du déficit de l'entreprise.

La commission consultative aéroportuaire vient de suggérer à Toulouse-Blagnac de remonter ses redevances, en 2014, du niveau de l'inflation diminué de 0,5 %.

Venant de 7,5 %, la TVA sur les billets d'avions pourrait passer à 10 %, un problème supplémentaire face à des concurrents (irlandais, anglais, etc.) qui n'ont pas de domicile fiscal dans l'Hexagone. D'où l'espoir que naisse un « vrai » débat qui permettrait de s'interroger sur la stratégie financière des aéroports (et pas uniquemement celle d'ADP) qui, quoi qu'ils disent, bénéficient de confortables monopoles et ne devraient sans doute pas avoir pour seule vocation de satisfaire des actionnaires avides de retour sur investissement. Scara et Fnam vont peut-être arriver à se faire entendre. Ainsi, la commission consultative aéroportuaire vient de suggérer à Toulouse-Blagnac de remonter ses redevances, en 2014, du niveau de l'inflation diminué de 0,5 %. Ce serait une véritable révolution, bien que Guy Tardieu, délégué général de la Fnam, se contente prudemment d'évoquer « un bon signe, un signal intéressant ». Il est vrai que rien n'est fait et qu'une telle proposition ne suscite évidemment pas l'enthousiasme dans la Ville Rose. Dès lors, il serait prématuré d'annoncer une quelconque réorientation. On a d'ailleurs noté, récemment, que le PDG d'ADP utilise à présent un vocabulaire de chef d'entreprise à part entière et se plait à mettre en évidence de bons chiffres qui pourraient être ceux d'une société évoluant dans un contexte hautement concurrentiel. Ce qui n'est évidemment pas le cas.

Les nouvelles sociétés aéroportuaires découvrent les exigences de l'Etat actionnaire demandeur de toujours plus de dividendes

Pour donner davantage de poids à ses propos, la Fnam souligne que le secteur aérien représente 331 400 emplois en France auxquels s'ajoutent quelque 600 000 emplois indirects. Dans le même esprit, un million de passagers supplémentaires génère 1 000 emplois directs, et 1 100 par 100 000 tonnes de fret. Une manière de rappeler, en admettant que ce soit vraiment nécessaire, que le transport aérien français n'est pas jugé à l'aune de sa véritable importance économique. Un constat pour le moins paradoxal.

 
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